La Convention Ramsar sur les zones humides fête ses 40 ans.

 


Le 2 février 2011, la Journée Mondiale des zones humides sera l’occasion de célébrer un anniversaire important : les 40 ans de la Convention Ramsar sur la protection des zones humides. Ethi-Câble profite de cet évènement pour vous présenter ce texte de référence en la matière.



Historique

En 1962 à Saintes-Maries de la Mer, lors d’une conférence liée au projet MAR (pour « MARécages, MARshes, MARismas »),  l’idée de la création d’une Convention internationale sur les zones humides a émergé. En effet, le projet MAR était né en 1960 de l’inquiétude créée par l’assèchement rapide de vastes étendues de marécages et zones humides en Europe, causant la perte importante populations d’oiseaux. Plusieurs institutions comme l’UICN (Union mondiale pour la nature) et ONG se sont mobilisées pendant huit ans suite à cette conférence pour établir un texte sur le sujet. Enfin, le 2 février 1971, un texte fut présenté à Ramsar en Iran. Le lendemain, les délégués de 18 pays signèrent ce texte, appelé officiellement « Convention relative aux zones humides d’importance internationale particulièrement comme habitats des oiseaux d’eau ».
Ce texte est entré en vigueur le 21 décembre 1975.  

L’objet du texte

La convention Ramsar contient plusieurs engagements pour œuvrer à la préservation des zones humides. Les parties contractantes ou les Etats membres s’engagent notamment à enregistrer les zones humides appropriées sur la liste des zones d’importance internationale (liste de Ramsar), à veiller à leur gestion efficace, à coopérer au niveau international pour les zones humides transfrontalières et enfin à œuvrer vers « l’utilisation rationnelle » des zones humides dans le cadre de l’aménagement du territoire.

Un nouveau concept : l’utilisation rationnelle

Pilier de la Convention Ramsar, « l’utilisation rationnelle » est définie comme étant le maintien des caractéristiques écologiques obtenu par la mise en œuvre d’approches par écosystème dans le contexte du développement durable.  Ce concept met en avant la conservation et l’utilisation durable des zones humides et de leurs ressources au bénéfice de l’humanité.

Quelques chiffres autour de la Convention Ramsar

Fin 2010, la Convention comptait 160 parties contractantes, c'est-à-dire 160 Etats signataires de la convention.
1 912 sites, représentant 186 993 216 hectares au travers le mode étaient enregistrés sur la liste Ramsar, c'est-à-dire comme site d’importance internationale.  La France en particulier a inscrit 36 sites sur la liste, pour un total de 3 314 275 hectares.
Sites Ramsar dans le monde (http://ramsar.wetlands.org//)
Ramsar en France

Sites Ramsar en France (Source)
La France a signé la convention en 1986. Parmi les sites inscrits sur la liste Ramsar, on peut retrouver la Camargue, la Brenne, le Golfe du Morbihan, la Baie du Mont Saint Michel, la Baie de somme, le lac du Bourget et bien d’autres, comme les marais de Kaw en Guyane.

Le fonctionnement de la convention 

L’application de la convention s’appuie sur un partenariat entre les parties contractantes, le comité permanent et le secrétariat de la convention, assistés par un organe spécialisé, le Groupe d’évaluation scientifique et technique (GEST) et des organisations internationales partenaires. Tous les trois ans, une conférence des parties contractantes est organisée afin d’évaluer l’avancement de chaque pays sur les thématiques liées à la convention et pour améliorer le fonctionnement de celle-ci.  D’autre part, ces conférences sont l’occasion d’échanger sur les différentes initiatives mises en place et d’étoffer les outils mis à la disposition des parties contractantes pour veiller à l’application de la convention.

Principales réalisations

Depuis 1990, un fonds de petites subventions (FPS) a été mis en place pour financer des projets dans les pays en développement à hauteur de 40 000 CHF maximum par projet. D’autre part, des actions de sensibilisation, communication et d’éducation sont réalisées chaque année dans le cadre des campagnes CESP (Communication, Education, Sensibilisation et Participation). Dans ce cadre, de nombreux documents sont  édités, ainsi que des guides pratiques et des consignes pour l’application de la convention. 

Le 2 février, journée mondiale des zones humides

Affiche Journée des zones humides 2011 Plus d'infos
En 2011, le thème choisi pour la journée mondiale des zones humides tourne autour des forêts, avec un slogan simple : les forêts : vitales pour l’eau et les zones humides. Dans ce cadre, le Sécrétariat Ramsar a publié un certain nombre de support (affiches, CD, brochures) à l’intention des collectivités souhaitant organiser des actions dans ce cadre.


Pour en savoir plus :
Site internet de la Convention Ramsar : http://www.ramsar.org/

Dégradation de la situation en Tunisie (G2R Newsletter 01/2011).

© Photos Blog 2011
Les vagues de contestations économiques et sociales font tomber le régime de Ben Ali


Suite  aux  évènements  d’ampleur  qui  ont  frappé  la  Tunisie  depuis  fin  décembre  2010,  avec  notamment  de  violentes  contestations  du  régime  politique  en  place,  le  Président,  Zine  el-Abidine  Ben  Ali,  a  été  contraint  à  la  démission  et  à  l’exil  après  23  ans  d’exercice  du  pouvoir.  Le  Président  tunisien  par  intérim,  Foued  Mebazaa,  s'est  engagé,  le  19/01/2011,  à « une  rupture  totale  avec  le  passé ».  Aussi,  en  janvier  2011,  la  Tunisie  est  entrée  dans  une  phase  de transition politique dont le jeu reste entièrement ouvert.  

Les  agences  de  notation  financière  dégradant  la  note  de  la  Tunisie,  reflet  d’une  analyse  des  risques à court terme ?  

Le 18/01/2011, Moody's a dégradé la note de la Tunisie de Baa2 à Baa3, pour signifier une augmentation des risques  liés  à  l’incertitude  politique.  Ses  consœurs  Standard&Poors  et  Fitch  ont  prévenu  qu'elles  pourraient  bien  en  faire  autant. Pourtant, cette dégradation est sans conteste un reflet des évènements court-termistes. En effet, on ne peut  imaginer en Tunisie  un  scénario à la « grecque », dans  la mesure où le  pays  du Maghreb  ne souffre pas des mêmes  maux économiques que certains pays du sud de l’UE. Tout d’abord, la Tunisie n’a pas de problèmes de dette extérieure  (47%  du  PIB  en  2010),  ni  de  réserves  (10  milliards  USD)  qui  serviront  notamment  à  refinancer  ses  dettes  arrivant  à  échéance en 2011 (775 millions USD, en avril et en septembre prochain). Par ailleurs, la compétitivité du marché du  travail  et  la  spécialisation  du  pays  dans  la  sous-traitance  textile,  agro-alimentaire  et  mécanique  lui  ont  permis  de  traverser la crise relativement sereinement. Cela explique que sa croissance demeure tonique (6,3% en 2007, 4,5% en  2008, 3,1% en 2009 et 3,8% en 2010). D’ailleurs, la Tunisie est un pays de confiance pour les investisseurs, les quelques  3 milliards USD d'investissements étrangers le prouve (à noter que ce montant est équivalent à celui de l’Algérie, pays  pourtant  quatre  fois  plus  peuplé  et  doté  des  ressources  pétrolières  et  gazières).  Le  problème  structurel  tunisien  est  plutôt le chômage des jeunes, évalué à plus de 30% selon les sources officielles. Néanmoins, celui-ci est en partie dû à  l'étouffement économique qu'a provoqué la prédation des proches de l'ancien Président. En effet, la corruption qui les  a  enrichis  s'est  développée  grâce  à  l'installation  de  verrous  ou  de  "péages"  qu'ils  ont  installés  sur  les  institutions  économiques - douanes, urbanisme, infrastructures, autorisations administratives, etc. - qui ont handicapé l'activité.  
En  définitive,  à  court  terme,  Moody's  a  certainement  raison  de  dégrader  la  note  tunisienne  :  l'instabilité  politique  actuelle  représente  un  risque  réel  pour  les  investisseurs.  En  revanche,  à  moyen  et  long  terme,  l’abaissement  des  verrous politiques au développement économique, l’amélioration de la gouvernance avec la construction d’un régime  démocratique  ouvert  et  d’une  société  civile  émergente,  ainsi  que  les  perspectives  d’un  développement  social  plus  soutenu devrait  permettre aux agences de revoir leur note à la hausse. 

Par Léo G.